Rechercher
  • Pascale

Apprendre à s'adapter


L'un des mes objectifs, en tant que formatrice, est de développer chez mes élèves leur sens de l'observation, leur capacité d'adaptation et leur humilité.

Cela peut paraître anodin, mais nos sociétés ont depuis longtemps considéré le chien comme étant capable de supporter beaucoup de choses, sous prétexte qu'il était (et qu'il reste) l'animal le plus proche de l'homme.

Beaucoup encore considèrent par exemple, qu'un chien peut se retenir d'éliminer toute une journée, est "sage" chez le vétérinaire ou le toiletteur parce qu'il ne bouge pas, se "laisse" caresser par des inconnus sans chercher à mordre, aime les massages de manière inconditionnelle, la liste est longue, je m'arrête là.


Si nous souhaitons réellement respecter le bien-être de nos animaux, apprenons avant tout à développer notre sens de l'observation. Savez-vous que vos compagnons à quatre pattes sont capables d'enregistrer tous vos micro-gestes et ainsi savoir, en fonction de vos comportements, où vous allez partir par exemple ? Sans en arriver là, observer le langage corporel d'un chien dès lors qu'il est en interaction avec une personne ou un autre animal nous permettra de savoir s'il l'appréhende de manière agréable ou non. La connaissance des signaux de communication canins est l'une des conditions nécessaires à une bonne prise en charge. C'est notamment ce que les praticiens stagiaires qui se forment avec moi apprennent, en théorie et en pratique.


Un professionnel qui sait s'adapter à l'animal, à son âge, à son environnement de vie, à son état de santé physique et émotionnelle, à son seuil de tolérance, aura toutes les chances de le mettre en confiance progressivement (parfois même rapidement) et favorisera le lâcher-prise (plus ou moins visible) nécessaire lors d'une séance. Ce travail de mise en confiance est constamment mis en avant auprès de mes élèves, ceux-ci comprenant rapidement à quel point c'est une clé majeure. La réussite d'une séance ne se mesure pas au nombre de techniques utilisées, ni au respect d'un ordre particulier, ni même à la durée de cette séance. Elle se mesure par les signes manifestes de lâcher-prise et de réceptivité du chien, par le ressenti du praticien et les effets à moyen-long terme sur le physique, l'émotionnel et l'énergétique. Une bonne séance est donc représentative de la souplesse, de la fluidité et de la patience.


J'aime parler d'humilité, surtout lorsqu'il s'agit de notre travail. Le travail par le toucher, physiologique, énergétique et émotionnel, est en constante évolution. C'est avec le temps que l'on est à même de développer notre ressenti, nos capacités à être ici, à donner et à recevoir. Cet échange extraordinaire qui se produit lors d'une séance ne demande qu'à se manifester. Parfois, nous pouvons avoir l'impression de peu, de presque rien. C'est aussi cela qui doit nous faire évoluer : accepter cela, laisser venir comme étant une invitation à notre propre lâcher-prise, ne pas se sentir en compétition, ne pas se sentir jugé. C'est également accepter de nous remettre en question, de prendre du recul et réfléchir à cette expérience qui a pu être frustrante, se poser les bonnes questions. Cela peut paraître simple à mettre en oeuvre, mais, pour le vivre moi-même régulièrement, c'est un gros travail sur soi qu'il faut accepter de faire. L'humilité commencerait peut-être par là ...


C'est donc avec humilité (lol) que je vous livre un extrait de séance avec la petite Noisette, 6 mois. J'ai souhaité montrer une séance sans coupure, on peut donc voir le comportement habituel d'un chiot, sa réceptivité aux stimuli, à certains touchers, à sa propension à être dans le jeu.


39 vues0 commentaire